Hypnothérapie - Thérapie - EMDR - Montpellier, Hérault

Michel Jacquot

English (UK)

L'abus sexuel

De nombreux enfants sont victimes de violences, et l'une des plus graves est l'abus sexuel, qui a des conséquences considérables sur l'enfant et l'adulte qu'il sera.
Cet acte s'attaque aux fondations mêmes du monde psychique, physique, affectif et relationnel de l'enfant.
Nous employons ici le terme inceste dans le sens élargi où  l'utilise Sue Blum : abus sexuel sur un enfant de la part d'une personne de confiance, pas uniquement d'une personne de la famille.

 

 


Les chiffres

Environ une fille sur 4 et un garçon sur 6 sont victimes d'abus sexuels avant l'âge de 18 ans (selon les études, 7 % à 36 % des femmes et 3 % à 29 % des hommes ont  été victimes de violences ou abus sexuels durant l’enfance. Source : RAPPORT PINHEIRO ONU 2006 VIOLENCES SUR LES ENFANTS)
Voir aussi les chiffres donnés par le ministère de la santé publique du Canada : Des chiffres qui parlent

Or, le mécanisme de protection que notre esprit met en œuvre est l'amnésie, qui permet à l'enfant de détacher et ainsi de survivre à cet acte profondemment destructeur. La majeure partie des survivants de l'inceste ne savent plus ce qui leur est arrivé.
Il se peut donc que les chiffres réels soient bien plus élevés que cela.

Des informations sont disponibles sur le site de l'Unicef :
www.unicef.org/violencestudy/reports/SG_violencestudy_fr.pdf
et sur le site de l'AIVI : aivi.org/fr/vous-informer/les-chiffres

"La violence sexuelle au sein des foyers est de plus en plus reconnue. Il est ressorti d’un examen des études menées dans 21 pays (développés pour la plupart) que 7 % à 36 % des femmes et 3 % à 29 % des hommes avaient été victimes de violences sexuelles durant l’enfance et la majorité des études ont révélé que le taux de maltraitance des filles était de 1,5 à 3 fois supérieur à celui des garçons. Les actes de maltraitance avaient en général pour cadre la famille."
Source : D. Finkelhor (1994) « The international epidemiology of child sexual abuse »,
Child Abuse & Neglect, vol. 18, no5 (2005), p. 409 à 417.



L'inceste est un sujet tabou. De plus en plus, la vérité sur les abus sexuels commence être mise au grand jour, mais ceux-ci sont fréquemment montrés comme des événements de violence de la part d'inconnus, alors que les chiffres indiquent clairement que les abus proviennent avant tout de personnes connues.

 

 


L'inceste subi par les hommes est un sujet encore plus tabou que pour les femmes. Et si les chiffres montrent que les hommes sont également soumis aux abus, ces chiffres sont très probablement fortement sous-évalués, car le déni, aussi bien social que personnel, semble bien plus fort pour les hommes que pour les femmes (un homme ne "doit" jamais être une victime, dans nos codes sociaux).

 


Les conséquences

Les conséquences de l'inceste incluent les Syndromes de Stress Post Traumatique : la dépression, les flash-backs (remémorations très vives des événements traumatiques), des insomnies, du stress, de l'hyper-vigilance, les attaques de panique, le sentiment d'être coupé de soi-même et de ses émotions, ainsi que les conduites auto-destructrices comme les tentatives de suicide, l'anorexie ou la boulimie, les auto-mutilations, ...
ainsi que des conséquences spécifiques à l'inceste, comme la perte de frontières saines avec l'autre, des difficultés dans la vie sexuelle, des difficultés diverses dans les rapports impliquant une autorité.

Note : les flash-backs sont des remémorations aussi bien sensorielles (souvenirs visuels, tactiles, ...) ou émotionnelles. Cela peut se produire éveillé, dans les rêves, ou bien dans des situations qui évoquent le traumatisme (parfois il s'agit juste un petit détail, une couleur, une odeur, un son, une attitude...).
Si dans une situation tout à fait normale, vous réagissez de façon extrême à quelque chose d'anodin, c'est probablement un flash-back traumatique.

 


Checkliste

Je voudrais présenter ici la Liste des Conséquences de l'Inceste sur les Survivants, compilée par E. Sue Blume, auteur du livre "Secret Survivors".
Cette liste est issue de l'observation et des indications de survivants de l'inceste (comme Sue Blume, j'utiliserai le terme "survivant" et non "victime", par respect pour ces personnes, qui ont survécu au pire, et qui ne cherchent pas le statut de victime).
Les doubles barres ( // ) dans la liste signifie ou bien.
Les symptômes décrits doivent être considérés depuis le début de l'âge adulte. En effet vous avez pu faire un travail personnel qui vous a permis d'éliminer certains de ces symptômes.

Note : La liste de Sue Blume utilise le féminin pour parler des survivants, et du masculin pour parler des agresseurs.
Ce choix grammatical ne doit pas faire oublier que les garçons sont très fréquemment victimes d'inceste ( une fois et demi à deux fois moins fréquemment "seulement" que les filles ), et que les femmes sont également auteurs d'inceste ( d'une façon souvent différente, mais toute aussi lourde de conséquences ).
L'inceste chez les garçons est probablement fortement sous-estimé, et est accueilli souvent avec encore plus de difficulté que chez les filles.

Il faut également noter que l'inceste peut avoir des conséquences très différentes chez les femmes et chez les hommes.
Il est fréquent de rencontrer des hommes ayant été victimes d'inceste, pour qui les conséquences sont une exagération du côté "viril'" (au sens de certains archétypes sociaux).

Important : cette liste est à utiliser avec grande précaution : certains éléments de cette liste sont assez courants et , pris séparemment, ne sont pas des indicateurs de l'inceste. Également, d'autres types de violences auront des conséquences et des effets assez similaires (et également d'avoir été élevé dans une famille alcoolique). Néanmoins, si vous identifiez plus de 25 éléments de cette liste, vous pouvez vous demander si cela ne vous serait pas arrivé, et si des symptômes sont très gênants pour vous, vous pouvez chercher l'aide un thérapeute compétent dans ce domaine.

Inversement, il se peut que la checkliste n'indique presque rien, alors qu'un abus a bien eu lieu. Chaque personne est unique, et chaque situation est unique...

 


Ce qui est important, c'est de savoir que les blessures de l'inceste peuvent guérir, et je dirais même, doivent guérir. Que l'on peut se sortir de cette double peine, d'avoir subi cela, et d'en porter les conséquences.
Les chemins vers la guérison sont multiples, les chemins qui ôtent la honte, qui redonnent l'espoir et la confiance, qui font se dissiper les brumes et le silence oppressant.
Les lectures peuvent être un allié précieux, ainsi que les groupes de parole, les amis, un bon thérapeute, quelqu'un de confiance...

 


S'informer

Il y a beaucoup à dire, à lire, à comprendre sur l'inceste.
À consulter par exemple les ouvrages d'Isabelle Aubry et le site de l'AIVI.